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sept
15
2012

Le yoga serait-il dangereux pour les danseurs ?

Le journaliste américain William J. BROAD a publié le 5 janvier 2012 un article dans le célèbre New York Times qui a fait beaucoup de bruit : “How Yoga Can Wreck Your Body”, ce qui signifie “Comment le yoga peut détruire votre corps”. En effet, le journaliste a rencontré Glenn Black, professeur de yoga d’une quarantaine d’années, qui l’a mis en garde sur les dangers dus à une pratique non avertie du yoga. Il se serait lui-même abimé les lombaires quelques années plus tôt à cause de postures mal exécutées.

Pour ce professeur, les problèmes liés à la pratique du yoga seraient dus à l’augmentation incontestable des adeptes. En effet, alors qu’il y avait 4 millions de pratiquants réguliers aux Etats-Unis en 2001, ils étaient 20 millions en 2011. Pour lui, les personnes qui ont profité de cet essor pour devenir professeur de yoga n’ont pas tous les compétences nécessaires pour guider les pratiquants et pour enseigner les bonnes postures. Glenn Black reconnait dans ces nouveaux adeptes du yoga des fainéants du sport, des personnes chic, des gens de la ville et des stars qui n’ont pas forcément les conditions physiques suffisantes pour se tortiller dans tous les sens. Pour ce professeur avisé, pour faire du yoga, il faut d’abord être en bonne condition physique. Et comme cela est pratiqué en Inde, il faut enseigner des figures simples et non pas amener les personnes au-delà de leurs limites.

Ce n’est pas la première fois qu’une telle polémique autour des soi-disant bienfaits du yoga éclate. Alors que le guru Swami Gitananda soutenait que « le vrai yoga est aussi sûr que le lait d’une mère », de nombreux articles médicaux ont également reconnu que certaines postures de yoga étaient risquées.

Parmi les postures les plus néfastes se trouve celle du chien tête en bas, au cours de laquelle l’adepte doit se positionner en un V inversé, forçant ainsi dangereusement sur ses talons d’Achille. Cette posture blesserait aussi le dos, les hanches et les genoux. Une autre posture risquée est la Vajrasana qui demande à rester assis un long moment sur ses talons en position agenouillée. Cette position stopperait l’oxygène derrière les genoux ce qui détruirait les nerfs. De nombreux danseurs réalisent cette posture et cela leur créerait des sciatiques en bas de la colonne vertébrale. A long terme, cela pourrait créer des difficultés pour marcher. Quant à la pose du cobra qui consiste à pencher la tête en arrière le plus loin possible, elle pourrait même engendrer des attaques cérébrales. En effet, à force de tourner la tête et d’étendre ainsi à l’extrême la nuque et le cou, cela peut toucher les vertèbres. Des fréquents maux de tête peuvent alors survenir, ainsi que des problèmes d’équilibre interne et de vertiges. Plus redoutables encore sont les caillots de sang qui peuvent se former au niveau du cerveau. Ces risques peuvent également être rencontrés en pratiquant la roue qui se résume à se coucher sur le dos et à tourner le corps en un demi arc de cercle.

Tout cela pour dire que la pratique du yoga n’est pas anodine et qu’il faut être vigilant avec les postures que chacun a la capacité ou pas de réaliser. Les cas de traumatismes graves liés au yoga restent tout de même rares mais augmentent considérablement au fil des années. Les médias commencent à les évoquer petit à petit, comme cet article paru dans le New York Times. Les lésions les plus fréquentes restent celles générées dans le bas du dos.

De nombreux danseurs pratiquent le yoga car cela les aiderait à travailler leur souplesse et à se ressourcer. Ils pensent trouver ainsi la sérénité. Pour les professionnels d’entre eux, le yoga peut les aider à développer la concentration, notamment pour les spectacles. Les danseurs sont aussi de plus en plus nombreux à pratiquer le Yoga « chaud » : le Yoga Bikram. Il s’agit du Yoga Hatha traditionnel pratiqué dans une salle chauffée à 40.5 °C avec un taux d’humidité de 40% , où l’on ne pratique que 26 positions (asanas) mais dans une session intense et limitée de 90 minutes. Le but de chaque posture est d’apporter du sang oxygéné dans toutes les parties du corps, d’étirer les muscles et les ligaments. Ce yoga « chaud » serait plus bénéfique car davantage thérapeutique. Il pousse les participants à atteindre leur maximum autant au niveau physique que mental. Mais cette chaleur excessive augmente aussi le rythme cardiaque et respiratoire. Le yoga devrait être réalisé de manière confortable, sans stress ni force. Il devrait être relaxant et pas du tout demander un quelconque défi. La chaleur aide effectivement les muscles à se détendre mais cela donne une fausse illusion de souplesse. En étirant un maximum ses muscles et ses ligaments, la personne peut vraiment se blesser, en créant des déchirements et des entorses, ainsi que des torsions du cartilage. Le Yoga Bikram peut être redoutable pour celui qui le pratique sans être conscient des limites à ne pas franchir.

Ainsi, parallèlement à ses dites aptitudes à calmer, à guérir et à renforcer le corps, le Yoga est de plus en plus pointé du doigt pour ses effets nuisibles. De nombreux danseurs délaissent aujourd’hui la pratique du yoga pour la méthode Pilates, réputée pour cibler davantage le travail de chaque groupe musculaire à son rythme et en douceur plutôt que la recherche de la souplesse à l’extrême et le détachement total entre le corps et l’esprit. J’ai d’ailleurs moi-même pris mon premier cours de Pilates cette semaine et j’en suis enchantée. Les mouvements d’étirements se font effectivement calmement, cadencés par des inspirations et des expirations profondes, ce qui permet en même temps de se détendre.

A méditer donc…

2 commentaires

  1. Lucas a dit :

    Bonjour Linda,

    Je suis un danseur qui cherche à gagner en souplesse
    Votre article date de 2012, depuis qu’en est t’il de votre pratique du pilate et de ses bienfaits versus le yoga sur votre danse ?

    Merci,
    Lucas

  2. Muneca Linda a dit :

    Bonjous Lucas. Je pratique le pilates depuis 2012, je rentre dans ma 7ème année et il est vrai que cela permet de travailler sur la souplesse et à renforcer les muscles profonds de tout le corps, sans lui faire mal, ce qui est super quand on est danseur! En effet, au pilates, chaque personne va à son rythme, selon son état physique et son humeur aussi. Quand on est danseur, surtout danseur de tango avec les appuis au sol, les pieds souffrent énormément, mais aussi les bras avec le guidage et le dos si on a tendance à cambrer. Même quand on est blessé comme je l’ai été au pied pendant 6 ans, il y a pas mal d’exercices qu’on peut continuer à faire au pilates. Le yoga, avec ma blessure aux métatarses, c’était compliqué car je perdais beaucoup l’équilibre et je rentrais énervée et déçue après le cours car je me sentais vraiment diminuée. Au pilates, debout ou couchée, j’arrivais à presque tout faire et à travailler tous les muscles sans frustration.

    Je vous le recommande vivement. Essayez au moins un cours pour voir si ça vous correspond, et je pense que vous allez être ravi !

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