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oct
16
2014

Mistinguett, la vedette fétiche du Casino de Paris

C’est avec beaucoup d’enthousiasme que je suis sortie samedi dernier du Casino de Paris après 2h30 de spectacle entourée de la troupe de «Mistinguett». J’utilise à bon escient le terme « entourée » car je me suis sentie complètement intégrée à la troupe, tant la mise en scène était originale et chaleureuse. J’ai pu lire certaines critiques de déception face à ce nouveau spectacle d’Albert Cohen, qui, rappelons-le, était attendu au tournant après les gros succès remportés par « Les 10 Commandements », « Le Roi Soleil », « Mozart, l’Opéra Rock » ou encore « 1789, les Amants de la Bastille ».

Je peux comprendre que ceux qui s’attendaient à une énième comédie musicale avec beaucoup de danse et de chant puissent sortir de là perplexes mais en ce qui me concerne, au contraire, je suis ravie de ne pas avoir assisté à une comédie musicale comme j’en ai pu voir des dizaines ! En tant que grande amatrice de spectacles de danse et de ballets, j’étais contente d’assister enfin à quelquechose de différent. Car dans « Mistinguett », on assiste à toute la préparation en coulisses de la première revue de Mistinguett, du casting des danseurs à la mise en place des décors, en passant par l’essayage des costumes, des répétitions de danse, on est même confrontés aux soucis administratifs et financiers rencontrés par le propriétaire du théâtre. Plus qu’une comédie musicale, je dirai qu’on assiste à un retour en arrière sur la naissance du Casino de Paris et de ses artistes, en observateur, plutôt qu’en simple spectacteur, le tout au coeur des années folles.

L’histoire du spectacle « Mistinguett » prend place en 1914 au moment de l’ouverture du Casino de Paris comme cinéma et Music Hall. Il faut savoir que l’emplacement du Casino de Paris a toujours été utilisé à des fins de divertissement. De 1730 à 1811, on y aménage un site pour distraire le Duc de Richelieu, au milieu des près. Ce site devient plus tard un vaste parc d’attractions, puis le Baron Haussmann y ajoute une patinoire dans les années 1850. Et c’est véritablement en 1880 qu’apparait un théâtre. Ce n’est qu’après la Première Guerre Mondiale que le théâtre que nous connaissons aujourd’hui sera voué aux revues du Music Hall. Et c’est là que prend place la nouvelle comédie musicale d’Albert Cohen. Léon Volterra, le nouveau propriétaire des lieux, veut monter un spectacle avec la grande vedette Mistinguett et le danseur et chanteur américain à la mode Harry Pilcer.

De son vrai nom Jeanne Bourgeois, Mistinguett est née à Enghien-les-Bains, dans le Val d’Oise, en 1875. Elle passera sa vie sur scène, au théâtre ou au cinéma, réputée pour sa voix fluette, sa gouaille inouïe et ses petits pas de danse renversants. Elle vivra une grande histoire d’amour avec l’imposant Maurice Chevalier, qu’elle fera d’ailleurs libérer en 1916 lorsqu’il sera fait prisonnier en Allemagne.

Le personnage de Mistinguett est interprété dans cette comédie musicale par la belle Carmen Maria Vega. Née au Guatemala en 1984, elle est élevée dans une famille française à Lyon. Elle commence très jeune les cours de théâtre et de chant, et elle voue une véritable passion pour le jazz et le swing gitan. Son premier album « La menteuse » sort en 2009, et le deuxième, « Du chaos naissent les étoiles », en 2012. Son attitude naturelle avec son petit côté effronté et rebelle, ainsi que sa voix grave extraordinaire, collent à merveille au personnage de Mistinguett. Elle dit d’elle-même qu’elle est « toujours grossière, jamais vulgaire », et c’est tout à fait ça !

Le Casino de Paris rend un bel hommage à Mistinguett avec ce spectacle, elle qui en restera la reine jusqu’en 1925. Il faut savoir que d’autres vedettes suivront avec de nouvelles revues, telles que Joséphine Baker et Tino Rossi dans les années 30, Line Renaud dans les années 60 ou encore Zizi Jeanmaire dans les années 70. L’année 1982 marque la fin des revues et du caractère de Music Hall du Casino de Paris, devenues peutetre trop « ringardes » pour l’époque…

2 commentaires

  1. LECLERC a dit :

    bon spectacle dommage que l’on soit si mal assis

  2. smith a dit :

    « Mistinguett »
    Un manque total de présence de talent!
    Attendons le mûrissement…

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