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août
21
2015

Ibeyi : un duo franco-cubain subtil aux émotions explosives

Ces sœurs jumelles ont posé leurs empreintes dans l’univers musical français. Lisa-Kainde et Naomi Diaz ont sorti cette année leur premier album « Ibeyi » et elles ont déjà un beau parcours derrière elles, à seulement 20 ans. Bien que nées à Paris, elles ont en elles une culture sud-américaine riche : leur mère, ancienne attachée de presse dans la musique, est vénézuélienne ; leur père, Miguel Anga Diaz, était un percussionniste cubain, ayant intégré dans les années 1980 le groupe Irakere, fondé par le pianiste Chucho Valdés, pionnier du latin jazz à Cuba.

Réputé pour son jeu à 5 congas, il a également joué auprès de Buena Vista Social Club. Il meurt d’un infarctus à 45 ans, les filles ont alors 11 ans.

 Mais la culture cubaine et le fantôme de leur père rôdent au-dessus du duo. Elles ont vécu deux ans et demi à Cuba avant de venir vivre à Paris avec leur mère mais elles retournent chaque année sur l’île pour se rapprocher de leurs racines et s’imprégner de la douceur de vivre qui règne là-bas. Le mot ibeyi signifie d’ailleurs jumelles dans la langue yoruba, héritée des esclaves africains qui arrivèrent à Cuba également avec leur religion et leur musique.

L’univers musical des deux sœurs est né de ce métissage culturel et également des épreuves qu’elles ont vécues au cours de leur jeune vie (décès de leur père en 2006 puis celui de leur sœur il y a 2 ans). Et pourtant, ce doux mélange provient de deux personnalités complètement différentes ! Lisa s’impose en leader naturel du duo. Bien qu’elle porte les cheveux en bataille, elle semble être la plus discrète et la plus douce des deux. Elle a grandi dans la solitude et la transparence, baignée par les sons du piano, elle aime écrire et composer. Elle a un penchant pour la soul et le jazz, c’est une sorte de diva romantique. Naomi est, quant à elle, son opposé. Mauvaise élève, elle a très jeune arrêté le conservatoire et le lycée. C’est une tigresse rebelle fan de hip-hop. A la mort de son père, elle commence à jouer du cajon, instrument de percussion qu’il affectionnait. C’est d’ailleurs devenu l’instrument principal d’Ibeyi.

De façons différentes, la musique a sauvé les deux sœurs de leurs trains de vie : l’une est sortie de l’ombre, l’autre s’est vue réussir dans quelquechose. Le groupe Ibeyi nait ainsi lorsqu’elles ont 15 ans.

Et c’est avec son âme et ses influences que le duo se met à chanter et qu’il se fait repérer par le célèbre producteur anglais Richard Russel du label XL. L’album « Ibeyi » est intimiste et organique, l’essence même des deux filles. Il traite des sujets nobles et puissants de l’amour, de la mort et de la disparition, sentiments qui les affectent encore aujourd’hui. Lisa a aussi composé des textes en lien avec sa rupture amoureuse récente. Cet album est un livre ouvert sur leurs cœurs et leurs écorchures. C’est sublime, subtil, entre douceur et déchirement, je suis fan…

Je vous laisse les découvrir dans ce court reportage, qui vous fera aussi voyager à Cuba ;) :

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