Cet article propose de comprendre comment un instrument né au bord du Río de la Plata a trouvé en France un terreau d’accueil exceptionnel. Il montre le rôle des musiciens exilés venus à la fin des années 1970 et la construction d’un pôle pédagogique pionnier à Gennevilliers.
Nous situons ici la place singulière de Juan José et de son fils au croisement d’un récit biographique et d’une histoire collective. On y suit l’origine du souffle, la carrière fondatrice, l’ancrage pédagogique et la transmission contemporaine. Le texte évoque aussi les réseaux d’ensembles, scènes et écoles qui ont professionnalisé la pratique.
Enfin, l’article donnera des repères précis — dates, jalons discographiques et initiatives pédagogiques — et invite le lecteur à consulter une chronique détaillée sur le sujet via cette chronique. Le public français, fidèle et curieux, apparaît comme un acteur central de cette histoire vivante.
Aux origines d’un souffle: le bandonéon, le tango et leur ancrage en France
Le bandonéon a voyagé du Río de la Plata jusqu’aux salles parisiennes, porteur d’une langue musicale nouvelle.
Du Río de la Plata à Paris, les scènes et les studios ont accueilli tôt ce répertoire. Les revues et les films des années 1920‑1930 ont instillé une écoute durable et préparé un public curieux.
Du Río de la Plata à Paris: comment le bandonéon a séduit la scène française
La circulation du bandonéon depuis buenos aires a trouvé en capitale un réseau d’éditeurs, de salles et de studios. Ce terreau a facilité la multiplication d’ensembles et d’enregistrements.
Le rôle des musiciens argentins exilés dans la vitalité des musiques de tango en France
À partir de 1977, des artistes argentins s’installent durablement. Parmi eux, juan josé mosalini structure la scène en créant des formations marquantes et des albums comme Tango Rojo.
La présence d’exilés a produit un effet d’émulation : collaborations, échanges avec le jazz et le classique, et programmations en festival.
Gennevilliers, capitale européenne du bandonéon: un terreau pour les musiciens
La création, à la fin des années 1980, d’une classe dédiée à Gennevilliers consacre un pôle de formation unique en Europe.
- Professeurs spécialisés et ateliers réguliers.
- Ensembles étudiants et stages qui professionnalisent la pratique.
- Visibilité sur les scènes nationales et rendez‑vous de type festival.
Pour un panorama plus complet de cette structuration institutionnelle, consulter la brochure historique.
Juan josé mosalini : l’art du bandonéon en france, une trajectoire fondatrice
De Buenos Aires aux festivals français, sa carrière illustre la rencontre entre tradition et renouvellement. Né en 1943 et initié à huit ans, il remporte un prix télévisé en 1961 et fréquente ensuite les grandes maisons orchestrales de buenos aires.
De Buenos Aires aux scènes françaises: collaborations, ensembles et enregistrements marquants
Dans les années 1960‑70, il collabore avec des figures majeures du tango et cofonde le quintette Guardia Nueva, laboratoire d’avant‑garde. Sa venue en 1977 marque un tournant : la création de Tiempo Argentino et l’enregistrement de Tango Rojo posent une identité sonore claire.
Entre 1978 et 1990, il multiplie formations — trio avec Beytelmann et Caratini, quartette Canyengue — et publie un disque solo préfacé par Julio Cortázar. Il compose pour le cinéma et lance en 1988 une collection pédagogique chez Henry Lemoine.

Pédagogie d’exception: la première classe de bandonéon en Europe et l’essor d’une école
En fin de décennie, il contribue à la création d’une première classe en Europe à Gennevilliers, avec César Stroscio. Cette initiative fonde une école: anciens élèves deviennent enseignants et musiciens actifs.
La reconstitution du Grand Orchestre du Tango en 1992, la collaboration avec Antonio Agri et les concerts avec orchestres symphoniques confirment sa stature de bandonéoniste complet, capable d’ouvrir le tango aux publics de musique savante.
Transmission et modernité: l’héritage vivant de Juan José à travers Juanjo Mosalini
Formé dès l’adolescence, Juanjo développe toutes les facettes du bandonéon : soliste, chambriste et partenaire d’orchestre. Il enseigne au Conservatoire de Gennevilliers, reconnu comme capitale européenne du bandonéon, où il prolonge une école pédagogique rompue à l’exigence.
« Entre pliegues » : un répertoire entre tradition et contemporanéité
Entre pliegues mêle ses compositions à des pièces conçues pour lui par des complices de longue date. Le projet revendique un équilibre net entre mémoire du tango et écritures neuves.
Les collaborations — guitaristes, pianistes, jazzmen et orchestres symphoniques — élargissent le spectre timbral du bandonéoniste. Le concert de présentation au Théâtre de la Ville‑Espace Cardin et l’enregistrement public à Vitré témoignent d’un ancrage territorial et d’un public engagé.
- Pédagogie : transmission au Conservatoire, répertoires pédagogiques et passerelles vers les ensembles professionnels.
- Exploration : registres étendus, jeux de timbre, dynamiques et espace sonore assumés.
- Réseau : la diaspora argentine en France nourrit créations et festivals.
À la fois héritier et inventeur, Juanjo perpétue l’articulation précise, le sens du phrasé et l’attention au souffle transmis par son père, tout en ouvrant le bandonéon aux rythmes et textures contemporains.
Conclusion
On retient une aventure musicale qui unit deux rives grâce à des carrières, des écoles et une scène renouvelée.
Un maître fondateur a posé des bases pédagogiques solides. Son action a structuré une filière locale et suscité de nouvelles vocations. Son héritier prolonge ce travail par des créations et des collaborations constantes.
Gennevilliers apparaît comme un véritable catalyseur : classes, ensembles et concerts y forment et diffusent le répertoire. Les salles et les événements, du théâtre aux festival, offrent un écosystème propice à l’essor d’un répertoire exigeant et populaire.
Pour des témoignages et archives complémentaires, consulter témoignages et ressources.

