richard galliano est un accordéoniste cannois au parcours singulier. Né en 1950, il commence tôt et gagne un concours à douze ans. Son chemin mêle jazz, tango et musique urbaine européenne.
La rencontre avec Piazzolla en 1983 marque l’émergence du New Musette. Ce concept modernise un idiome populaire tout en gardant la mélodie au cœur. Le dialogue entre accordéon et bandonéon nourrit une voix personnelle.
Dans cette introduction, on annonce les axes de l’entretien : technique instrumentale, rencontres clés, choix d’album et de disque, et l’influence d’un guitariste ou d’un pianiste. Le jazz reste un fil conducteur mais l’instrument devient orgue au sein d’un duo ou d’un petit orchestre.
Enfin, la dimension patrimoniale apparaît : un père musicien, des racines assumées et la volonté de transmettre. Pour en savoir plus sur ses débuts et ses rencontres, consultez cet article sur son parcours.
Préambule de l’interview: la genèse d’un accordéoniste entre jazz, tango et chanson
Un concours gagné à douze ans fixe le point de départ d’une trajectoire hors norme. Né à Cannes en 1950, richard galliano fait ses premiers pas entre bals familiaux et leçons intensives.
La formation mêle écoles et autodidaxie. Très vite, l’objectif est clair: transformer l’accordéon en voix de concert. Le rôle du pianiste apparaît alors comme un outil de composition pour structurer des mélodies solides.
Des débuts cannois aux premières scènes: concours et formation
Aux yeux du public, les années 80 marquent une bascule. La fréquentation des clubs parisiens offre une école de la vie et du métier. Sessions, studios et tournées multiplient les rencontres avec des musiciens exigeants.
- Rencontres clés: Chet Baker, Michel Portal, Enrico Rava.
- Repères: Eddy Louiss, modèle d’orgue et de groove.
- La rencontre de 1983 avec astor piazzolla met en perspective le rapport au tango.
| Période | Lieu | Impact |
|---|---|---|
| Enfance | Cannes | Concours à 12 ans, apprentissage intensif |
| Années 70-80 | Clubs parisiens | Ouverture au jazz, rencontres professionnelles |
| 1983 | Rencontre internationale | Dialogue avec astor piazzolla, réorientation artistique |
Ce préambule prépare le lecteur aux étapes suivantes: chansons, créations et tournants esthétiques qui feront évoluer la vie de l’accordéoniste jour après jour.
Richard Galliano, entre accordéon et bandonéon: un dialogue d’instruments
Le souffle et la mécanique dictent souvent le timbre avant même que les doigts n’entrent en jeu.
Soufflet, attaque, tiré-poussé: différences de jeu et de timbre
Au bandonéon, l’attaque se construit fréquemment en tirant. Le soufflet est plus large et le geste devient physique. Le musicien engage le corps; parfois l’instrument repose sur les genoux pour mieux caler le son.
À l’accordéon, trois rangées facilitent les modes et certains contours mélodiques. Les doigtés sont plus réguliers, ce qui aide l’accordéoniste pour un legato chantant et des contrechants riches.
- Claviers: quatre rangées au bandonéon, plusieurs doigtés pour une même gamme ; trois rangées à l’accordéon.
- Timbres: anches libres proches mais palettes différentes qui colorent la partie mélodique et l’accompagnement.
- Improvisation: le bandonéon favorise ruptures aérées ; l’accordéon privilégie des phrasés continus.
Cette connaissance intime des deux instruments permet à richard galliano d’articuler une conversation où choix de registre, main gauche et dynamique du soufflet colorent l’intention musicale et la partie soliste.
Avec Claude Nougaro: de la chanson à l’accordéon jazz
Dans un studio parisien, une simple demande a fait naître un « tango rock » qui mêlait récit et souffle instrumental.
Commande de “Tango pour Claude” et passerelles chanson-tango
Nougaro réclama une pièce aux accents tangués pour accompagner ses mots. La commande prit la forme d’un défi: mêler pulsation et verbe.
Le musicien se mit au piano pour construire l’ossature. De là naquit le morceau, alliant tension rythmique et mélodie chantante.
La mélodie comme fil rouge: “s’il manque un thème fort, c’est frustrant”
Pour Nougaro, la chanson tient à un thème fort. Sans cela, même des harmonies riches perdent leur sens.
L’accordéon apporte un timbre capable de porter la ligne vocale. Il souligne l’accent des mots et colore la dramaturgie.
Le duo explorait aussi des standards de jazz, détournés pour servir la narration. On sent l’onde d’astor piazzolla dans les ruptures et l’énergie dramatique.
La postérité de « Tango pour Claude » confirme que la collaboration a aidé à affirmer une personnalité musicale singulière.
« Si le thème manque, on se sent frustré. »
Pour écouter une captation de concerts marquants, consultez une présentation de tournée récente sur une fiche de concert.
La rencontre fondatrice avec Astor Piazzolla
Une poignée de notes entendues à l’Olympia allait changer le cours d’une carrière musicale.
De l’Olympia à la Comédie-Française: premières collaborations
Après un concert à l’Olympia, astor piazzolla reconnut une parenté esthétique et invita le jeune musicien à travailler ensemble.
En 1983, lors de la mise en scène de Songe d’une nuit d’été à la Comédie-Française, il impose ce musicien comme premier bandonéon.
Il fut le seul Français dans l’orchestre, choisi pour une couleur de jeu différente et un timbre singulier.
Leçons d’Astor: oser ses racines et “jouer tout ce qui te passe par la tête”
La maxime d’astor piazzolla fut simple: « Joue tout ce qui te passe par la tête ».
Ce conseil poussa à mêler tango, musette et blues, et à prendre le risque de l’improvisation habitée.
Il incita aussi à rester proche des origines, ce qui transforma l’écriture et l’attaque du jeu en concert.
Le bandonéon, un orgue aux dimensions humaines
Le 1937 utilisé alors illustre la lignée d’instruments prisés des années 1930-45.
La mécanique rappelle l’époque des locomotives: une force brute et une finesse combinées.
Sur le disque live Piazzolla Forever, la prise de son respecte intégralement le timbre, violon Stradivarius inclus, sans retouches.
| Événement | Année | Impact |
|---|---|---|
| Concert à l’Olympia | Début années 80 | Rencontre et reconnaissance artistique |
| Comédie-Française | 1983 | Premier bandonéon, seul Français dans l’orchestre |
| Enregistrements live | Années 80-90 | Respect du son, prise intégrale, intensité dramatique |
Impact : ces collaborations ont durablement ancré la trajectoire du musicien dans une tradition réinventée.
« Joue tout ce qui te passe par la tête »
Richard galliano et le bandonéon : influences croisées
Le tango, la musette et le blues forment une veine commune qui traverse les villes. Piazzolla rapprochait ces répertoires comme des musiques de migrants, nées du métissage urbain au début du XXe siècle.
Tango, musette, blues: trois musiques urbaines de fusion
Astor Piazzolla voyait dans ces styles une même énergie : danse, douleur et fête mêlées. Pour un accordéoniste, cette grille ouvre une palette de couleurs et de phrasés.
Le blues irrigue le phrasé, la musette donne la valse et le tango apporte la tension dramatique. Ensemble, ils créent une mélodie claire mais souvent chahutée par des cassures rythmiques.
Le tangage, le risque, l’improvisation: esthétique du mouvement
Le « tangage » évoque un balancement constant. C’est une respiration, une prise de risque qui accepte le déséquilibre.
Sur scène, richard galliano joue sur la manière : articulation vive, ruptures et poussées harmoniques. Les musiciens doivent écouter et oser le déséquilibre pour que l’improvisation vive.
« Jouer sans retouche, garder la vie du concert. » — principe d’authenticité appliqué aux prises live
Le refus des retouches en studio préserve le grain des timbres. Ce choix fait vivre la musique et confirme que l’ancrage aux racines nourrit la modernité. En définitive, ces croisements restent au service d’un geste instrumental habité et d’une mélodie lisible.
New Musette: retour aux sources et réinvention
Le New Musette se pose comme une déclaration : renouer avec les origines pour mieux les transformer. C’est un manifeste esthétique qui reprend la valse, la java et leurs ornementations.

De Gus Viseur à Tony Murena : héritage et haute exigence
Gus Viseur et Tony Murena sont ici des repères obligés. Leur art impose une exigence technique et une sensibilité mélodique.
La redécouverte d’« L’indifférence » rappelle qu’il faut être à la hauteur du passé. Le projet n’est pas un pastiche, mais une refondation.
Mêler valse musette et tempi vénézuéliens : l’expérience Tangaria
À l’initiative d’astor piazzolla, le mouvement New Musette s’ouvre au jazz. Les harmonies modernes et les formes ouvertes servent la valse.
Le Tangaria Quartet réunit des musiciens vénézuéliens pour croiser tempi et couleurs. Le résultat mêle valse musette et accents sud-américains.
- Technique : phrasés courts, ornementations précises, souffle articulé.
- Arrangements : timbres compacts, dialogues serrés, accordéon au centre sans monopole.
« Nostalgie active, mélancolie lumineuse, joie de bal. »
Ce New Musette devient une signature : ancrage patrimonial et écriture d’auteur portée par richard galliano. Ses prolongements sont visibles sur scène et en disque.
Dialogues avec le jazz: Michel Portal, Eddy Louiss, Chet Baker et au-delà
Quand deux musiciens se regardent, la musique trouve un langage inédit. Ces face-à-face ont structuré une manière d’écouter où l’improvisation devient conversation.
Voyages en duo et “face to face”: l’art de la rencontre
L’écosystème jazz autour de richard galliano comprend des échanges décisifs avec Chet Baker, Michel Portal et Eddy Louiss.
En format duo, l’accordéon respire plus large. Le dialogue sans filet oppose souffle et attaque à l’orgue, au sax ou à la guitare.
- Énergie live : concerts et enregistrements montrent une tension brute et des transitions nettes.
- Rôle du guitariste : contrechants, couleurs rythmiques et relances harmoniques au service du phrasé.
- Pianiste : complément de registre, il doit laisser de l’air et ne pas saturer l’espace.
| Collaborateur | Instrument | Impact |
|---|---|---|
| Michel Portal | Sax/clarinette | Ouverture formelle, timbres contrastés, dialogues nerveux |
| Eddy Louiss | Orgue | Groove, couleurs harmoniques, soutien rythmique |
| Chet Baker | Trompette/voix | Phrasé lyrique, économie de notes, sens du silence |
« Le duo est un laboratoire: respect du thème, liberté mesurée. »
Le jazz offre un terrain d’expérimentation des timbres, des rythmes et des harmonies. Ces dialogues nourrissent la signature du musicien et enrichissent le répertoire.
La scène internationale: du Septet aux grandes salles
Le Septet a rapidement porté cette musique des clubs aux plus grandes scènes d’Europe. Les tournées ont conduit le groupe à Nice, Montreux, au Théâtre des Champs-Élysées, à l’Académie de Sainte-Cécile à Rome et à la Scala de Milan.
Réception croisée classique-jazz: un même élan du public
Les réactions furent étonnamment homogènes entre festivals de jazz et salles classiques. Le public applaudissait de la même façon, validant l’universalité du langage d’astor piazzolla et de richard galliano.
Sur scène, un violon solo et des cordes mobiles rendent la partie écrite tout en laissant place à l’improvisation. La contrebasse et la batterie ancrent la pulsation et portent l’accordéon.
La manière de travailler reste vive : peu de répétitions massives, beaucoup de vie dans l’instant. Les concerts offrent des rappels nombreux et des moments d’hommage à astor piazzolla.
Les rencontres au long cours avec michel portal et eddy louiss ont renforcé l’ADN scénique. Au final, richard galliano a affermi une signature entre rigueur écrite et liberté improvisée.
| Lieu | Type | Effet scénique |
|---|---|---|
| Nice | Festival | Public mixte, énergie partagée |
| Théâtre des Champs-Élysées | Salle classique | Réception attentive, rappels |
| Montreux | Festival jazz | Interaction vive, improvisation |
| Scala (Milan) | Salle mythique | Hommage et intensité orchestrale |
Électro, tradition et modernité: regards sur le tango d’aujourd’hui
Face aux hybrides électroniques, certains artistes défendent une modernité qui naît de l’intérieur du style plutôt que d’un simple ajout sonore.
richard galliano critique les mélanges opportunistes qui placent l’électro en surface. Il valorise plutôt les cassures internes héritées d’astor piazzolla : changements de tempo, suspensions dramatiques, contrastes qui font vivre la pièce.
La contrebasse joue un rôle central. En concert, elle mime la mer, crée un fond ondulant sur lequel l’accordéon sculpte la mélodie. Stéphane Logerot incarne ce mouvement par un jeu vivant et respiré.
Le pianiste et les cordes peuvent renouveler l’habillage sans effacer les voix. Chaque instrument doit garder sa couleur pour que la musique conserve sa vie.
Le disque et l’album restent des traces précieuses. Mais la vérité du tango selon galliano se révèle souvent en concert, au fil du mouvement et des rencontres exigeantes.
« La modernité n’est pas toujours un gadget : c’est une construction rythmique et formelle. »
Au final, quelque chose de neuf peut naître sans céder à l’opportunisme. Cette ligne esthétique ouvre la voie aux standards revisités, au cinéma musical et aux dialogues avec le classique.
De Piaf à Marsalis: “La Foule” et les standards revisités
Sur la scène de Marciac, un standard français prit une couleur nouvelle sous un souffle transatlantique. richard galliano invita Wynton Marsalis et son orchestre à jouer La Foule, enregistré live et devenu un moment marquant.

Faire jouer Piaf aux Américains: respect, écoute et dérive jazz
La réception fut d’abord faite de respect et d’écoute. Les musiciens américains honorèrent le thème tout en laissant surgir une dérive jazz intelligente.
Le swing transforma les couleurs sans effacer la mélodie. C’est un enjeu : passer des thèmes français au creuset du jazz tout en gardant le motif reconnaissable.
En parallèle, le duo avec Sylvain Luc sur La Vie en rose privilégia la guitare acoustique, le minimalisme et une intensité fragile. La guitare offre textures fines et contrechants qui laissent respirer l’accordéon.
Ce travail prolonge un fil déjà tissé avec michel portal et eddy louiss : une exigence d’écoute et d’invention autour du matériau thématique.
« Faire entendre une chanson populaire dans un langage jazz, c’est la respecter et lui offrir une nouvelle vie. »
| Événement | Lieu | Effet musical |
|---|---|---|
| Enregistrement live | Marciac | Rencontre transatlantique, dérive jazz respectueuse |
| Duo acoustique | Tournée/Studio | Minimalisme, guitare en contrepoint, intensité mélodique |
| Continuité artistique | Collaborations | Écoute, réharmonisation, ouverture d’arrangements |
Revisiter Piaf n’est pas un gadget. C’est un acte musical cohérent dans le parcours d’un accordéoniste qui place la mélodie au centre et ouvre des perspectives d’album et de concert.
Nino Rota, Fellini et la musique de film: un album longtemps rêvé
Un projet autour de Nino Rota a longtemps vécu dans un tiroir avant de trouver une voix discographique. Pour le centenaire, Deutsche Grammophon a relancé ce rêve et transformé quinze ans de notes en un album abouti.
Le casting mêle personnalités marquantes: Dave Douglas à la trompette et John Surman au sax apportent une lecture singulière des thèmes.
Les antécédents scéniques avec Enrico Rava, Daniel Humair et Jenny-Clark ont préparé le terrain. Ces concerts ont forgé un terreau européen proche du cinéma italien et du jazz.
L’approche reste claire: préserver la mélodie, soigner les orchestrations, jouer avec piano, cordes et bois selon les besoins, sans dénaturer l’esprit fellinien.
Le violon et la contrebasse colorent les atmosphères oniriques. Un orchestre de chambre peut renforcer la palette et souligner le souffle narratif de l’accordéon.
« Ce disque n’est pas un pastiche, mais un hommage intime qui rejoint une histoire personnelle de musicien. »
| Élément | Rôle | Effet |
|---|---|---|
| Dave Douglas / John Surman | Solistes invités | Lecture singulière des thèmes |
| Violon / Contrebasse | Couleurs orchestrales | Atmosphères oniriques |
| Piano | Harmonisation | Respiration et poésie |
Ce disque fait la synthèse entre écriture et improvisation. L’accordéoniste y tient la voix narrative, proche du souffle de la caméra, et prolonge une discographie faite de relectures poétiques.
Classique sans trahison: Bach, Vivaldi, Mozart à l’accordéon
Aborder Bach, Vivaldi ou Mozart à l’accordéon demande une attention rigoureuse à la partition. La démarche choisie est simple et exigeante : jouer textuellement sans réécrire les pages pour l’instrument.

Jouer les partitions “textuellement”: du cor de basset au clavier
Un exemple éclairant est le concerto de Mozart écrit pour cor de basset. Cette tessiture plus grave trouve une vraie correspondance sur l’accordéon, qui peut rendre la partie sans altérer l’équilibre.
La manière de phraser emprunte au souffle des vents et à la continuité des cordes. Legato, portato, micro-agogiques : l’accordéoniste module l’attaque et la tenue pour approcher la diction classique.
L’accordéon dans un écrin de cordes: devenir instrument classique
Enregistrés chez Deutsche Grammophon, ces projets ont élevé l’instrument au rang d’outil d’orchestre. L’album et le disque témoignent d’une volonté de respect : ornementations mesurées, dynamique et architecture intactes.
« Respecter la partition, sans gommer la couleur propre de l’instrument. »
| Élément | Rôle | Effet musical |
|---|---|---|
| Partition textuelle | Respect du texte | Fidélité à l’œuvre |
| Cor de basset / accordéon | Tessiture | Rendu grave et chaleureux |
| Écrin de cordes | Accompagnement | Instrument perçu comme classique |
Cette exploration tardive — entreprise autour de 66 ans — a offert une nouvelle part à la carrière de richard galliano. Elle montre que de grands thèmes traversent instruments et styles quand la musique est bien dite.
Instruments et matières: le son des années 1930-60
Les instruments des années 1930-60 portent une ingénierie sonore qui influence encore les interprètes d’aujourd’hui.
Bandonéons historiques, prises de son et intégrité du timbre
Fabrication et matières. La période 1930-45 est souvent qualifiée d’âge d’or technique. Bois massif, cuivres, cuir de soufflet et anches taillées à la main donnent un rendu dense et vivant.
Instruments phares. On cite le bandonéon de 1934 associé à astor piazzolla et celui de 1937 lié à richard galliano, retrouvé puis conservé après des années d’oubli.
Analogie mécanique. Les bielles et leviers évoquent l’époque des locomotives : une mécanique robuste qui impose un geste physique au musicien.
Prise de son et intégrité. Les ingénieurs choisissent souvent la distance et des micros neutres pour capter le grain. Le refus des retouches préserve l’attaque naturelle comme on respecte un violon Stradivarius en studio.
| Élément | Rôle | Effet sonore |
|---|---|---|
| Soufflet | Contrôle dynamique | Projection et nuance |
| Anches | Couleur | Grave charnu, médium chantant, aigu perlé |
| Mécanique | Réponse tactile | Attaque franche, variations d’intonation |
L’entretien reste central : réglage des anches, réparation des soufflets et l’intervention d’un luthier assurent la justesse et la réactivité.
« Choisir un instrument historique, c’est choisir une couleur et une responsabilité sonore. »
Sur l’album ou le disque, ces choix techniques deviennent documents. Ils conditionnent l’attaque, la projection et la palette expressive de l’accordéoniste dans chaque prise.
Discographie commentée: jalons d’une vie musicale
La discographie trace un itinéraire où chaque album marque un saut stylistique.

New Musette, Viaggio, New York Tango
New Musette (1991) pose un acte fondateur. La guitare de Philippe Catherine et la rythmique Michelot/Romano encadrent un langage neuf.
Viaggio (1993) consolide cette voie : valses, swing et la guitare de Bireli Lagrène avec la contrebasse de Michelot comme piliers.
New York Tango (1996) tire vers le jazz new-yorkais. Al Foster et George Mraz poussent le mouvement; la guitare de Bireli apporte la flamme.
Duos, hommages et chansons
Les duos sont des laboratoires: Panamanhattan (1991) avec Ron Carter, Flyin’ the Coop (1991) avec Jimmy Gourley, et la relecture intime de La vie en rose avec Sylvain Luc.
Le live Piazzolla Forever reste un hommage sans retouche, fidèle à l’énergie d’astor piazzolla.
Le disque avec Leprest, Voce a mano (1992), primé par Charles Cros/SACEM, montre la force de la voix portée par l’accordéon.
| Année | Projet | Points clés |
|---|---|---|
| 1991 | New Musette / Panamanhattan | Fondation du style; duo public sans filet |
| 1993 | Viaggio | Consolidation esthétique, swing & valses |
| 1996 | New York Tango | Jazz US, énergie et tango en fusion |
« Chaque album apporte une pierre à l’édifice stylistique. »
Conclusion : la discographie affiche une cohérence. Du quartet au duo, du disque au grand orchestre, chaque morceau nourrit un pont entre musette, tango et jazz. Eddy Louiss apporte parfois l’ancrage d’un orgue lyrique, ce qui complète la palette des musiciens.
Projets, héritages et transmissions: le fil rouge paternel
La transmission familiale a posé la première boussole artistique qui guidera toute une carrière. Son père fut un repère quotidien, complété par Nougaro, Piazzolla et Barbara. Ces figures ont apporté des conseils et une exigence de goût.
Le projet artistique vise à être d’abord musicien, avant d’être un simple accordéoniste. Cette posture oriente les choix de scène et d’album, même après des ans de tournée.
Les formats récents privilégient le trio: accordéon, contrebasse, batterie. Le défi est clair: ménager l’air, ne pas « jouer comme un pianiste », et calibrer la densité harmonique pour que chacun respire.
La relation aux jeunes musiciens est active. Il partage conseils, écoute et une histoire pratique du métier pour transmettre savoir-faire et humilité.
« Le jour où l’on comprend qu’il faut laisser de l’air, le trio devient vivant. »
La contrebasse reste un partenaire de cœur, ancrant la pulsation et le timbre. L’héritage paternel n’est pas figé: il évolue à chaque projet, au contact d’autres artistes.
Conclusion : ce fil rouge paternel relie vie, curiosité et constance. Il fait porter une vision large où le nom de richard galliano se lit d’abord comme celui d’un musicien ouvert au jazz et aux échanges.
Conclusion
Cette trajectoire témoigne d’un parcours où rencontres, rigueur et curiosité façonnent une voix singulière.
De Cannes aux grandes scènes, richard galliano a tissé une route faite d’échanges et d’exigence. Les styles se côtoient : tango, musette et jazz forment le socle d’une identité musicale assumée.
La mélodie reste au centre. Le respect du son, les prises live sans retouches et le soin apporté aux instruments historiques attestent d’un art du souffle précis et vivant.
Il conserve une double vocation : musicien créateur et passeur, entre salles de jazz, orchestres classiques, chanson et musique de film.
En somme, la vie d’un accordéoniste devenu figure du jazz européen illustre un art qui relie les publics au-delà des genres.

